Contes culinaires - page 9

 

Mon doux et tendre ami,

Merci de ta gentille lettre. Enfant, j'adorais les documentaires animaliers et j'aurais bien aimé en voir un sur les oiseaux bleus des falaises prés de chez toi. J'aimerais moi aussi t'écrire des histoires d'animaux fabuleux mais les colombes et les lapins blancs que mon magicien de mari laisse traîner un peu partout dans la maison me sortent par les yeux. Ne le lui répète surtout pas, cela pourrait lui donner des idées. J'imagine bien ses pauvres assistantes avec des petits poussins à la place des yeux ou leur sortant par les oreilles. Berk ! Heureusement, la plupart du temps, je dors à l'hôtel entre deux séances de photos. Cela me permet d'échapper à la ménagerie de David. Et encore, je te parle des colombes et des lapins parce que ce sont les plus nombreux. Mais bien sûr, monsieur est le plus grand magicien du monde ! Alors, forcément, il ne peut pas se contenter des petits animaux comme le fait son copain Garcimore. Dimanche dernier, j'ai failli me faire dévorer par un requin blanc qu'il avait oublié dans notre piscine. Des grognements provenaient de la cuisine, un ours polaire était parvenu à ouvrir le réfrigérateur et faisait une razzia sur le caviar ! Je suis touchée que tu me cherches dans les magazines. J'ai beau savoir que des millions d'inconnus le font aussi, t'imaginer, Toi, en train de feuilleter un magazine pour m'y voir me donne envie de continuer à faire quelques photos. Oh, tu dois sourire en lisant cela. Ben quoi ? J'ai bien le droit d'être cul cul la praline de temps en temps ! Et puis, moi aussi, dans les librairies des Duty free shops je te cherche. Désolée mais tes bouquins n'y sont jamais. A moins que tu n'écrives des livres cochons sous un pseudonyme. Avant-hier, j'ai cru reconnaître ton style dans un titre du rayon érotique :"Maman, maman, je m'ai fait violer par une fée !" Je n'ai pas osé l'acheter de peur qu'on ne lise dans la presse à scandales que j'achète de la littérature pornographique. Mais, si c'est de toi, s'il te plaît, fais m'en parvenir un exemplaire dédicacé. Merci aussi pour ta recette. Je la garde précieusement pour mes trente ans, quand je serai à la retraite. Je pourrai alors apprendre à tenir une casserole. J'espère que tu viendras me montrer plein de façons de la remplir. Tu le sais, je n'ai pas ton talent pour la cuisine. Du moins pas encore. Mais je ne veux pas être en reste. Voici donc en échange de ta recette quelques trucs à moi pour tes voyages.

- Dans ta valise, roule tes pantalons, cela évitera un vilain pli. - Dés que tu arrives à ta chambre d'hôtel, (avant d'aller draguer la standardiste !) suspends quelques habits dans la salle de bain et ouvre les robinets d'eau chaude à fond. La vapeur, ça défroisse. - Regarde plutôt du côté des clientes, les hôtesses d'accueil, elles perdent leur job si elles couchent. Evidemment, ça les rend moins dociles.

Voilà, crois moi, ces petits trucs m'ont bien aidé avant d'être connue (je parle pour les fringues, bien sûr !).

Bons Baiser de Hong Kong d'où mon avion décolle.

Claudia S.

 

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Guillaume Lagaillarde
Le 31 aôut 1997

E-mail : lagaillarde@mail.chez.com

 

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